Laura Goulet
Les géants de l'IA ajoutent un filigrane invisible. Voici pourquoi la vraie question n'est pas si tu utilises l'IA, mais pour quoi.

Pendant mes vacances, Anthropic, la compagnie derrière Claude, l’IA que j’utilise le plus souvent, a annoncé quelque chose d’assez gros concernant le contenu généré par IA. Les prochains textes générés par leurs modèles vont maintenant contenir un filigrane invisible. Un genre de motif caché dans le choix des mots, ou watermark, impossible à voir à l’œil nu, mais qui permet de savoir après coup si un texte a probablement été écrit par une IA.

Et au départ, tout le monde disait que ce filigrane allait s’appliquer que tu utilises Claude pour rédiger entièrement un texte ou que tu l’aies sollicité seulement pour corriger tes fautes.

 

Euh pardon? Est-ce que Claude veut s’approprier notre travail?

Non. C’est plutôt pour respecter une nouvelle loi européenne, et comme tu le devines, c’est pas juste Claude qui va s’embarquer là-dedans. Les autres gros fournisseurs d’IA travaillent sur la même chose de leur côté en ce moment. Même Canva. On voit aujourd’hui des entrepreneur·es qui commencent à voir leurs contenus flagués IA parce qu’ils ont utilisé un outil aussi simple que le background remover dans Canva. 😱

C’est pas des farces!

 

Mon vrai premier réflexe

Je vais être vraiment transparente avec toi. Mon premier réflexe en lisant ça, ça n’a pas été de me demander ce que ça allait changer pour nous, les travailleur·ses autonomes. Ça a été de l’indignation.

Et ça m’a fait ch()*r d’être indignée, parce que je pense sincèrement que la façon dont j’utilise l’IA correspond à mon éthique et à mes valeurs professionnelles.

Ça m’a fait d’autant plus suer que mon indignation, elle venait en grande partie d’une crainte que les autres pensent que j’utilise l’IA pour tout, à tort et à travers.

Ouch.

 

« 100% sans IA »

Dans les dernières semaines, avant cette annonce-là, j’ai vu apparaître des mentions « 100% sans IA » dans des textes, des posts, des infolettres d’entrepreneur·es de mon entourage.

Et je veux être claire, je juge pas du tout. Je comprends très bien d’où ça vient et l’envie de se démarquer de cette façon. Y’a des gens qui recherchent du contenu entièrement humain, fait par une vraie personne de bout en bout, et ça, je le respecte à cent pour cent. Dans les faits, je fais plus que le respecter, ça a tout à fait sa place.

 

Est-ce que tu devrais créer et t’annoncer 100% sans IA?

Ça dépend d’où est placée ta valeur. Où est ta magie? C’est quoi ton art?

Pour l’art dans sa forme la plus pure, la valeur est dans le chemin créatif et surtout dans le résultat. On consomme et on recherche tout ça quand on achète de l’art. Ça laisse pas beaucoup de place à l’intégration de l’IA, je pense. Ça fait que pour moi, c’est un non à 99%, à moins que ce soit complètement assumé et transparent.

Quand tu vends des idées comme moi, la valeur se situe dans la pensée elle-même. Ça, je le délèguerais jamais. Laisser l’IA penser à ma place, ce serait accepter de me ramollir le cerveau et de réduire à néant ma valeur à long terme pour mes client·es.

 

Quand est-ce que j’utilise l’IA dans mon entreprise?

Un exemple super évident : pour un rapport de performance, la valeur vit dans l’observation et l’analyse que j’ai déjà faites avant même d’ouvrir Claude. Ça fait que là, oui, je dicte mes idées et je laisse l’IA s’occuper de les insérer dans mon template. Mes observations, ma méthode de travail. Ça touche à rien d’important et ça me fait gagner du temps.

Les infolettres, c’est oui. Je dicte mon contenu à Claude. Mes idées, mes mots, mon approche. Il me les recopie et rephrase certains trucs à ma demande. Quand on a terminé, je lui demande de publier mon infolettre en article de blogue sur mon site quand c’est pertinent. Parfois de me décliner un post avec ça. Pow. Temps de copier-coller et de programmation réduit à néant.

Posts et pages de vente : oui, mais je rédige toujours les accroches et titres moi-même, je travaille les structures et c’est moi qui applique mes tactiques de copywriter là où elles ont besoin d’apparaître pour créer mon oeuvre. C’est là que se trouve MA valeur. Pas dans la rédaction. J’utilise l’IA comme un assistant. Pas comme un remplaçant.

Pour envoyer des courriels récurrents de mes événements : oui. Je l’oubliais tout le temps. Des fois, j’y pensais juste 10 minutes avant. Là, tous les matins à 8h, Claude vérifie s’il y a un événement aujourd’hui et il envoie le courriel de rappel à la bonne liste, selon le bon horaire avec les bonnes infos.

Mais je dicte aussi beaucoup à Claude ce que je veux écrire pour toutes sortes de raisons. C’est moins long que de taper, t’sais. Ça me permet de pousser mes idées plus loin, en les réfléchissant plus longtemps. Vais-je me faire taguer «contenu généré par l’IA» pour ça?

 

Donc on fait quoi maintenant avec le contenu généré par IA?

Toute cette réflexion-là m’amène à me questionner sur ma propre utilisation de l’IA, mais surtout, à vouloir mettre de la transparence là-dedans.

Je prépare en ce moment une politique d’utilisation de l’IA. Je veux la sortir bientôt, et honnêtement, j’ai envie que ce soit pas juste pour moi. Si ça te tente de t’en inspirer pour bâtir la tienne, ou juste de savoir c’est quoi, reste à l’affût. Ça s’en vient cet automne.

J’aimerais ça te dire que j’ai pas peur de ce qui s’en vient avec l’IA. Mais ce serait un mensonge.

Et en même temps, ça me donne encore plus envie de choisir la transparence et le respect de mes valeurs plutôt que le silence, ou pire, le déni.

Parce qu’au fond, un filigrane peut pas démontrer l’intention de quelqu’un, ni d’où vient vraiment la valeur d’un output.

La seule chose qui reste solide là-dedans, c’est ma propre politique. Claire. Publique. Alignée sur mes valeurs à moi.

 

Quand tu vends des idées comme moi, la valeur se situe dans la pensée elle-même. Ça, je le délèguerais jamais ça à l’IA.

La vraie réflexion stratégique, celle qui vient de comprendre ton audience et de bâtir une progression de croyances qui a du sens pour convaincre, ça, ça reste un travail humain. C’est le genre de chose que je déléguerais jamais à une IA.

Mais une fois cette stratégie-là bien construite, c’est exactement le genre de travail que tu peux ensuite donner à l’IA.

  • ✨ Pour t’aider avec tes contenus.
  • ✨ Ton calendrier.
  • ✨ Des déclinaisons alignées.
  • ✨ Du copier-coller dans des templates préparés par des pros.

Tout ça généré à partir d’une base qui est déjà solide, déjà pensée et fabriquée dans les règles de l’art. (C’est ça qu’on fait dans le Grimoire de persuasion, en passant. Shameless plug! 😄)

Et si t’as envie d’en jaser avec du monde qui voit le marketing de la même façon que toi, Le Chaudron t’attend aussi.

C’est ça, la vraie différence entre utiliser l’IA pour penser à ta place, et l’utiliser pour exécuter une pensée qui est déjà là.

Est-ce que tu penses aussi à te munir d’une politique d’utilisation de l’IA? Aimerais-tu t’inspirer de la mienne quand elle sera terminée?

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